03.03.2008
De « Bibiche » à « Carlita !
Georges Pompidou voulait et devait rompre avec le style gaulliste.
Le général de Gaulle avait une attitude très stricte sur sa vie privée ; la première dame de France tenait son rôle et nous savions peu de choses sur sa vie privée. Les Français l’appelaient avec beaucoup de tendresse et de respect : « tante Yvonne ».
Georges Pompidou, en acceptant, d’être filmé dans ses appartements privés à l’Elysée a innové dans la manière de communiquer : de plus Madame Pompidou ne cachait pas son amour pour l’art contemporain et l’influence qu’elle pouvait avoir, notamment pour la création de Beaubourg. C’est ainsi, que les téléspectateurs ont appris que le président Pompidou appelait sa femme « Bibiche ».
Nous savons maintenant que le président Sarkozy appelle sa femme : Carlita.
Il ne s’agit pas de faire un portrait des femmes des présidents de la V° république mais de voir le rôle que les présidents Pompidou et Sarkozy donnait ou donne à leurs épouses : de Bibiche à Carlita.
Georges Pompidou, instruit à la rigueur de Normale Sup et à la « diplomatie » des banques internationales, était un fin lettré.
Ses discours, ses conférences de presse étaient très attendus pour leur contenu mais leur forme. Rappelez-vous : interrogé sur l’affaire Gabrielle Russier, il cita des vers de Paul Eluard « Moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d’enfant perdu, elle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés », c’était autre chose que le style littéraire de Nicolas Sarkozy.
Certains gaullistes ont été choqués du style de Georges Pompidou, on n’a même cru utile de tenter de l’humilier avec une « affaire de mœurs » concernant sa femme (un de ces coups bas dont la politique était friande grâce à des officines peu fréquentables) mais il était un président respectable donc respecté.
Nicolas Sarkozy, tout comme le président Pompidou, avait besoin de rompre avec le style Chirac. Depuis 2002, Jacques Chirac était enfermé dans une espèce de « préretraite ».
Pendant la campagne des présidentielles, il a incontestablement imposé un style qui a convaincu les Français, face à une candidate plus hésitante et victime des débats internes de son mouvement.
Depuis, que Nicolas Sarkozy est président, il multiplie les écarts de langage : vouloir être proche du peuple (ce qui en soit serait une qualité) ne veut pas dire utiliser un langage vulgaire. Les élèves n’attendent pas que le professeur parle comme dans le 9-3 !
Les Français ne le veulent pas.
« Bibiche » était un mot affectueux à la première dame de France, « Carlita » sonne le « bling-bling » !
Juste un mot sur elle, cette femme a défilé dans le monde entier, elle est issue d’une grande famille bourgeoise italienne, lors de son premier voyage officiel, elle semblait très mal à l’aise, comme une débutante : peur des caméras ? ou peur des réactions incontrôlées de son mari ?
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